Parole de Prix Nobel

Le Clézio dénonce les mauvais traitements infligés aux migrants en France

Le prix Nobel de Littérature Jean-Marie Gustave Le Clézio se dit,  dans Le Journal du dimanche, “scandalisé” par les mauvais traitements infligés en France aux migrants, appelant le président français Emmanuel Macron a tenir “davantage” compte des défavorisés.

“Je reste scandalisé par la manière dont sont appliquées les directives du ministre de l’Intérieur” Gérard Collomb, déclare l’écrivain français. “Il préconise de la fermeté mais, sur le terrain, on est au-delà de la fermeté”, ajoute-t-il. “On continue à infliger de mauvais traitements à des gens sans défense”.

“Fermer ou ouvrir les frontières reste une question, mais une fois que les gens sont en France, il est inacceptable de mal les traiter”, ajoute-t-il.

Le prix Nobel de Littérature avait dénoncé, en janvier, dans une tribune publiée par l’hebdomadaire L’Obs “le tri” fait entre les migrants qui fuient leur pays pour des raisons politiques et ceux qui fuient la misère, y voyant “un déni d’humanité insupportable”.

Une politique migratoire également dénoncée par d’autres intellectuels français et des associations. Emmanuel Macron avait alors déclaré qu’il fallait “se garder des faux bons sentiments”.

“J’ai l’habitude d’être renvoyé à la naïveté car je suis traité de naïf depuis l’enfance”, explique-t-il. “Je ne suis pas naïf. Je vois simplement les choses différemment. Je préfère les artistes aux politiques. Mais je ne fuis pas la polémique et je tiens bon. Mon passé familial, mes origines bretonnes et mauriciennes, m’incitent à privilégier le partage. Donc, s’il le faut, je réécrirai une tribune contre les mauvais traitements infligés aux migrants”, prévient l’écrivain.

Rapport du conseil économique et social accablant

Le rapport du Conseil Economique et Social constate que, le jour de leurs 18 ans, 30% de ces jeunes sont mis à la rue en “sortie sèche”.

“C’est une mesure brutale, un gâchis éducatif et économique alors que l’on a investi pendant des années dans leur éducation et que la grande majorité des jeunes décohabitent de chez leurs parents vers 23 ans et s’insèrent dans le marché du travail bien après 25 ans.” 

“LAide sociale à l’enfance nous lâche à 18 ans au moment où on est en pleine reconstruction. Et quand, à 18 ans on bénéficie d’un contrat jeune majeur, on n’a aucun droit à l’erreur… Heureusement j’avais le soutien total de mon référent ASE, mais ce n’est pas courant comme j’ai pu le constater dans de nombreux cas”Témoignage Anne Solène, placée en foyer de 15 à 21 ans. Aujourd’hui  éducatrice spécialisée.

Didier FASSIN – Sociologue – Notre dispositif d’accueil des migrants est très déficient

Contrairement à sa réputation, à son image de pays des droits de l’homme, la France pratique l’une des politiques les moins accueillantes au sein de l’Europe de l’Ouest si l’on en juge par les taux d’accord en matière d’asile au cours des dernières décennies. Il existe cependant dans la Société française nombre de personnes qui aident, participent bénévolement aux soins, à l’accueil, au conseil juridique des réfugiés. C’est un point important. On ne peut pas de faire une idée de la politique de la France si on la réduit à la politique de l’Etat. Il y a une politique de la Société qui fait heureusement plus honneur à notre tradition supposée. 

Nous avons l’impression d’être pris dans un phénomène inédit alors que l’histoire du XXé siècle a été marquée par des vagues de réfugiés – depuis celle des Russes blancs après la révolution d’octobre de 1917 jusqu’aux boat-people

Quand on a commencé à parler des immigrés en situation irrégulière dans les années1990, le politique et le médiatique se sont rejoints autour d’une même représentation du clandestin, découvert dans une cale de bateaux ou à l’arrière de camions.  Or la majorité des personnes concernées avaient eu un titre de séjour légal, mais l’avaient perdu souvent suite à des modifications de législation ou  des pratiques dans les Préfectures. En fait c’était l’Etat lui-même qui produisait de l’irrégularité.

Accéder à l’article complet, par ce lien

DidIer FASSIN-2 DidIer FASSIN-1

Tous hors la loi – Eric FOTTORINO

C’est une tache sur ce début de XXIè siècle.

Cette tache ce ne sont pas les hommes , les femmes, les enfants -en bas âge, parfois – que nous envoient les guerres, les violences et les dictatures en tous genres. Cette tache, c’est notre incapacité à traiter humainement des êtres humains qui ont surmonté l’insurmontable, la maltraitance des bourreaux ordinaires, des trafiquants de misère, le cynisme intéressé des passeurs qu’on appellerait bien “trépasseurs” si le mot existait.

Une fois là on ne peut pas faire  comme sils ne l’étaient pas …. comme s’ils n’existaient pas

Face à cettte impasse tout le monde se met hors la loi ou quasiment. L’Etat pour appliquer a minima la convention de Genève. La police pour contrôler et réprimer. Les simples citoyens bénévoles et les associations pour venir au secours des réfugiés livrés à eux-mêmes, la compassion en guise de sauf-conduit.

Pour lire l’article complet, cliquer sur le lien

FOTTORINOA_Tous hors la loi